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juillet 28, 2008
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Paradigme de la vérité
juillet 28, 2008
Alors qu’il s’approche de la rivière, il entend l’eau couler. Il sait que la rivière est là devant lui. Il l’a vue plusieurs fois par le passé, il l’entend respirer. Cette rivière est-elle réellement là ou est-ce une illusion ?
En tout cas il pense sans aucun doute que cette rivière existe, comme tous les hommes qui l’ont vue un jour. Alors cette pensée partagée et exprimée par tous les hommes est une vérité.
La vérité est l’affirmation de la réalité. La réalité de cette rivière est d’abord une pensée partagée par tous les hommes et de tout temps.
Il n’y a pas d’autres preuves de la réalité d’une chose que la constance dans l’affirmation de cette réalité.
Si un jour, un homme vient à convaincre tous les hommes que cette rivière n’existe pas, les hommes auront été trompés, et ce qu’on croyait être une réalité aura été une illusion.
Ainsi, la vérité est une croyance partagée et exprimée par tous les hommes, mais elle n’est pas absolue, ni immuable, elle est relative et temporelle.
Dans la caverne de Platon, la réalité est atteinte par le philosophe, et le reste des hommes ne saisissent qu’une projection de cette réalité. Pourtant le philosophe ne pourra jamais atteindre la réalité car il est aveuglé par les rayons du soleil.
Sa vérité ne sera qu’une illusion de plus, il n’est pas réellement sortie de la grotte, il a seulement trouvé un angle de vue différent, qui rendait la projection de la réalité différente.
Ainsi, une vérité devient fausse dès qu’elle est réfutée. Elle n’existe pas sans l’homme qui l’exprime – qu’il soit philosophe ou non.
Lorsque l’homme sur terre ne s’exprimait pas, il n’y avait pas de vérité, lorsqu’il disparaîtra, elle n’existera plus.
La vérité est donc bien une représentation partielle et temporelle de la réalité.
Et pourtant, la vérité a cela d’absolu qu’elle ne peut pas être contredite rationnellement. Même temporelle, elle n’en a pas moins de valeur car à l’instant où elle est exprimée et que cette croyance est partagée par tous les hommes, comment pourrait-il en être autrement? Une vérité est vérifiable.
Ainsi certains hommes ont cru la terre plate jusqu’à ce qu’ils se représentent une terre ronde flottant dans l’espace. Est-ce que les hommes étaient alors stupides de croire la terre plate? Est-ce faux de croire la terre plate ?
En fait, la terre est localement plate car la sphère terrestre a un diamètre si grand par rapport à la taille d’un homme, que la terre est bien plate à l’échelle de cet homme.
Si l’extrapolation faite d’une terre entièrement plate était fausse, il n’en reste pas moins que la terre est plate localement et que telle est la vérité.
Dans toute représentation humaine, ce qui fait la force d’un paradigme – et aussi sa faiblesse – est justement d’extrapoler une vérité – ou généraliser une vérité temporelle et locale.
Les extrapolations se sont pratiquement toujours révélées fausse par un examen attentif de ce qui est extrapolation par rapport à ce qui est vérifié. Et même si une extrapolation est aussi souvent vraie pour partie, comment peut-on prétendre qu’elle est vraie en totalité ?
Un paradigme de la vérité consisterait donc à ne concevoir la vérité que pour ce qu’elle peut être vérifiée sans prétendre extrapoler aucune de ces affirmations au-delà de ce qui est vérifiable.
Toute généralisation ou extrapolation doit faire l’objet d’un doute permanent, d’une remise en question qui permette de ne pas se tromper.
Les théories philosophiques ou scientifiques sont en permanence soumises à une critique qui permette de valider ou démentir les vérités qu’elles proposent.
Cet aspect n’entame en rien l’utilité de l’extrapolation ou de la généralisation, elle est nécessaire à modéliser le réel, à se le représenter.
La philosophie est en quête d’absolu, de saisir la totalité du monde, de la vie, du réel. Elle est vouée à l’échec dès lors qu’elle est confrontée à des contradictions, des incohérences sans savoir évoluer sans savoir s’affiner.
Que le monde et l’homme aient été créés en sept jours, que la terre soit globalement plate, ou au centre de l’univers, que la matière ait été créée en quelque secondes, fractions de secondes dans un big-bang, à un instant daté dans le passé, tout cela n’est que théorie, croyance ou extrapolation.
Que l’espace soit infini, quadridimensionnel avec un temps et un espace continu, tout cela n’est qu’une extrapolation de ce qui est vrai à l’échelle de la terre, ou même de la galaxie, ou à l’échelle de l’existence de la terre voire de quelques milliards d’années.
Qu’est-ce qui prouve qu’en partant de la terre dans une direction, on s’éloigne toujours de la terre ? C’est ce qu’on croyait lorsqu’on partait d’un endroit alors qu’on croyait que la terre était plate ! Pourtant, personne ne doute aujourd’hui qu’en décollant de paris et en partant plein Ouest, on retrouve Paris après une circumnavigation sans jamais avoir fait demi-tour !
Cette extrapolation mérite un doute. Et de l’imagination pour démentir ce qu’on croit être vrai et concevoir une autre représentation.